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Labour / Le Travail, Volume 97, printemps 2026

Consultez le sommaire de ce numéro de la revue Labour / Le Travail sur la plateforme Érudit. Discipline : Histoire.

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Consultez le sommaire de ce numéro de la revue Labour / Le Travail sur la plateforme Érudit. Discipline : Histoire.

For much of the 20th century, mining was a highly unionized sector, including in the Canadian North. From the 1960s to the 1990s, there was near-complete union coverage in mines in the northern territories, significantly increasing the share of wealth and political power claimed by many northern mining workers. Today, only two of ten producing mines are unionized: the Ekati diamond mine in the Northwest Territories (Public Service Alliance of Canada [psac]) and the Mary River mine in Nunavut (International Union of Operating Engineers [iuoe]).

This article explores the reasons for this decline and contemporary barriers to organizing, drawing on archival research, document analysis, and interviews with Indigenous organizations, union organizers, servicing staff, and officials. Changes in labour practices – such as the use of long-distance commuting, subcontracting, impact and benefit agreements (ibas), and the shift to smaller, more highly skilled workforces – have created a more challenging organizing environment. These external challenges are compounded by internal union issues, including a failure to prioritize northern organizing and to build meaningful relationships with Indigenous communities and governments.

We draw on these results to suggest strategies for overcoming these barriers. These included targeting workers in the remediation phase mines and catering and housekeeping workers to gain a foothold in the sector, locating choke points in the fly-in/fly-out production process, investing in offices and permanent organizing staff in northern cities, and working to decolonize unions through education and meaningful relationships with Indigenous communities. FR : Pendant une grande partie du xxe siècle, le secteur minier était fortement syndiqué, y compris dans le Nord canadien.

Des années 1960 aux années 1990, la couverture syndicale était quasi totale dans les mines des territoires du Nord, ce qui a considérablement accru la part de la richesse et du pouvoir politique détenue par les travailleurs miniers du Nord. Aujourd’hui, seules deux des dix mines en exploitation sont syndiquées : la mine de diamants Ekati dans les Territoires du Nord-Ouest (Alliance de la Fonction publique du Canada [afpc]) et la mine Mary River au Nunavut (Syndicat international des ingénieurs d’exploitation [siie]). Cet article explore les raisons de ce déclin et les obstacles actuels à la syndicalisation, en s’appuyant sur des recherches d’archives, l’analyse de documents et des entrevues avec des organisations autochtones, des organisateurs syndicaux, du personnel de soutien et des représentants officiels.

L’évolution des pratiques de travail – comme le recours aux déplacements domicile-travail sur de longues distances, la sous-traitance, les ententes sur les répercussions et les avantages (era) et la transition vers une main-d’œuvre plus restreinte et plus qualifiée – a rendu le contexte syndical plus difficile. Ces défis externes sont aggravés par des problèmes syndicaux internes, notamment le manque de priorité accordée à l’organisation dans le Nord et à l’établissement de relations significatives avec les communautés et les gouvernements autochtones. À partir de ces résultats, nous proposons des stratégies pour surmonter ces obstacles.

Il s’agit notamment de cibler les travailleurs de la phase de remise en état des mines ainsi que les travailleurs des services de restauration et d’entretien ménager afin de s’implanter dans le secteur, de repérer les points de blocage dans le processus de production par rotation aérienne, d’investir dans des bureaux et du personnel d’organisation permanent dans les villes du Nord, et de travailler à la décolonisation des syndicats par l’éducation et l’établissement de relations significatives avec les communautés autochtones. Workplace representation – the process through which workers voice concerns, negotiate conditions, and participate in decision-making – can be a crucial mechanism for reducing employment strain. Access to such structures is particularly vital for precarious workers, like temporary migrant farm workers in Canada, who face intensified demands owing to employer-tied contracts, congregate living arrangements, and persistent fears of job loss and deportation.

Drawing on qualitative interviews and focus groups with migrant farm workers in three agriculturally dense regions in southern Ontario, this study explores the workers’ perceptions of one form of workplace representation: peer representation. While peer representation may foster lateral communication and social support for an otherwise isolated workforce, it is complicated by the structural precarity that intensifies competition and conflict among migrant farm workers. This article demonstrates how the conditions of entry and residency for migrant farm workers in Canada generate lateral surveillance and intra-worker control, amplifying workplace pressures and demands and reinforcing the strain that peer representation might otherwise help to alleviate.

FR : La représentation au travail – processus par lequel les travailleurs expriment leurs préoccupations, négocient leurs conditions de travail et participent à la prise de décision – peut constituer un mécanisme essentiel pour réduire les tensions liées à l’emploi. L’accès à de telles structures est particulièrement vital pour les travailleurs précaires, comme les travailleurs agricoles migrants temporaires au Canada, qui font face à des exigences accrues en raison de contrats de travail liés à l’employeur, de conditions de vie collectives et de craintes persistantes de perte d’emploi et d’expulsion. S’appuyant sur des entretiens qualitatifs et des groupes de discussion menés auprès de travailleurs agricoles migrants dans trois régions denses du sud de l’Ontario, cette étude explore la perception qu’ont ces travailleurs d’une forme de représentation au travail : la représentation par les pairs.

Si cette dernière peut favoriser la communication horizontale et le soutien social pour une main-d’œuvre autrement isolée, elle est complexifiée par la précarité structurelle qui intensifie la concurrence et les conflits entre les travailleurs agricoles migrants. Cet article démontre comment les conditions d’entrée et de résidence des travailleurs agricoles migrants au Canada engendrent une surveillance horizontale et un contrôle interne, amplifiant les pressions et les exigences au travail et renforçant les tensions que la représentation par les pairs pourrait autrement contribuer à atténuer. This research explores the intersection of precarious legal status and precarious employment of migrants who came to Canada with a temporary status, whether for work, study, or protection purposes.

Drawing on data collected from 148 interviews with precarious-status migrants, the article investigates how transitions in status impact employment trajectories. It builds upon a mixed-method analysis, identifying how employment precarity intensifies with increased status insecurity, which results in progressive deskilling and the degradation of working conditions over time. By foregrounding deskilling as a cumulative and temporal process, this study demonstrates how Canada’s temporary migration regime systematically deteriorates migrant workers’ skills and opportunities, extending precarity beyond the immediate moment of employment.

This analysis contributes to an understanding of the lived experiences of migrant workers, highlighting the long-term effects of migration policies and regulations on employment and working conditions. FR : Cette recherche explore l’intersection entre la précarité du statut juridique et la précarité de l’emploi des migrants arrivés au Canada avec un statut temporaire, que ce soit pour le travail, les études ou la protection. À partir de données recueillies lors de 148 entrevues avec des migrants en situation précaire, l’article examine comment les transitions de statut influencent les parcours professionnels.

S’appuyant sur une analyse mixte, il met en évidence comment la précarité de l’emploi s’intensifie avec l’insécurité croissante du statut, ce qui entraîne une déqualification progressive et une dégradation des conditions de travail au fil du temps. En présentant la déqualification comme un processus cumulatif et temporel, cette étude démontre comment le régime de migration temporaire du Canada détériore systématiquement les compétences et les perspectives des travailleurs migrants, prolongeant la précarité au-delà du moment immédiat de l’emploi. Cette analyse contribue à la compréhension du vécu des travailleurs migrants, soulignant les effets à long terme des politiques et règlements migratoires sur l’emploi et les conditions de travail.

This article examines destiny politics in Anand Patwardhan and Jim Munro’s 1981 documentary A Time to Rise (Uthan da Vela), a film that captures the political struggles of Punjabi farm workers as they organized to establish the Canadian Farmworkers Union (cfu). It argues that the film highlights how Punjabi farm workers in British Columbia could not build a life beyond the exploitative and toxic labour conditions of BC farms without first confronting powerful cultural and religious ideas about predestined life. This article demonstrates that the three main figures involved in making the film – Anand Patwardhan (the filmmaker), Pritam Kaur Hayre (the protagonist), and Sant Ram Udasi (the singer) – each sought to dismantle the hold of destiny politics over the future.

First, I explain that A Time to Rise marked a first experiment with what was to become Patwardhan’s signature style of documentary filmmaking: talking groups. Through this reconfiguration of the documentary as a tool for collective dialogue and movement building, Patwardhan sought to break the enduring power of destiny within South Asian communities. Second, I discuss the film’s protagonist Pritam Kaur Hayre, who contested the politics of destiny by seeking a better life through the union rather than the Punjabi family.

Lastly, I show how upending destiny politics was a central preoccupation in the anti-caste thought of Sant Ram Udasi, the Mazhabi Punjabi farm-worker-turned-activist who visited British Columbia in 1979 and wrote and performed the film’s titular song, “Uthan da Vela.” FR : Cet article examine la notion de destin politique dans le documentaire de 1981 d’Anand Patwardhan et Jim Munro, A Time to Rise (Uthan da Vela), qui relate les luttes politiques des travailleurs agricoles punjabis s’organisant pour fonder le Syndicat canadien des travailleurs agricoles (cfu). Il soutient que le film met en lumière l’impossibilité pour ces travailleurs, en Colombie-Britannique, de se construire une vie au-delà des conditions de travail abusives et toxiques des fermes de la province sans se confronter aux puissantes croyances culturelles et religieuses relatives à la prédestination. Cet article démontre que les trois figures principales impliquées dans la réalisation du film – Anand Patwardhan (le cinéaste), Pritam Kaur Hayre (le protagoniste) et Sant Ram Udasi (le chanteur) – ont chacun cherché à déconstruire l’emprise de cette notion de destin politique sur l’avenir.

J’explique d’abord que le film A Time to Rise a constitué une première expérience avec ce qui allait devenir la signature de Patwardhan en matière de documentaire : les groupes de parole. En réinventant le documentaire comme outil de dialogue collectif et de mobilisation, Patwardhan cherchait à briser le pouvoir persistant du destin au sein des communautés sud-asiatiques. Ensuite, j’évoque Pritam Kaur Hayre, le protagoniste du film, qui a contesté cette conception du destin en cherchant une vie meilleure grâce au syndicat plutôt qu’à sa famille punjabi.

Enfin, je montre comment la remise en cause de cette conception du destin était au cœur de la pensée anti-caste de Sant Ram Udasi, cet ouvrier agricole punjabi mazhabi devenu militant, qui s’est rendu en Colombie-Britannique en 1979 et a écrit et interprété la chanson éponyme du film, « Uthan da Vela ». Recently the federal government has invoked section 107 of the Canada Labour Code to order the end of otherwise lawful strikes. The government’s claim that the section provides it with this power is in dispute.

This research report, adapted from an expert witness report prepared for the law firm representing one of the unions subjected to these orders, investigates the historical understanding of the section and its precursors dating back to its earliest version, enacted in 1918. It finds that the historical understanding of the section was that its purpose was to strengthen statutory conciliation processes, not to empower the government to end otherwise lawful strikes by executive action. This government action not only continues a longer history of exceptionalism in collective bargaining but also marks a rupture by its attempt to enhance the power of the executive.

FR : Récemment, le gouvernement fédéral a invoqué l’article 107 du Code canadien du travail pour ordonner la fin de grèves par ailleurs légales. L’affirmation du gouvernement selon laquelle cet article lui confère ce pouvoir est contestée. Ce rapport de recherche, adapté d’un rapport d’expert préparé pour le cabinet d’avocats représentant l’un des syndicats visés par ces injonctions, examine l’interprétation historique de cet article et de ses versions antérieures, remontant à sa première version adoptée en 1918.

Il conclut que, historiquement, l’article visait à renforcer les processus de conciliation prévus par la loi, et non à habiliter le gouvernement à mettre fin à des grèves par ailleurs légales par voie d’exécutif. Cette mesure gouvernementale non seulement s’inscrit dans une longue tradition d’exceptionnalisme en matière de négociation collective, mais marque également une rupture par sa tentative d’accroître le pouvoir de l’exécutif. This article analyzes a neoliberal redefinition of citizenship as market participation through the lens of prison labour in Canadian federal penitentiaries.

We focus on corcan, a special operating agency of Correctional Service Canada, which employs approximately 4,000 prisoners in various industries. Despite performing tasks like those of free workers, incarcerated individuals are not recognized as employees under Canadian law and are excluded from employment protections. corcan emphasizes employability as a key criterion for evaluating an offender’s rehabilitation.

In effect, many prisoners must demonstrate evidence of compliance with a specific model of labour-market participation in order to be paroled, and to be restored to the liberties and rights of citizenship. We highlight the ideological and practical implications of this transformation, suggesting that prison labour serves as both a means of maintaining prison discipline and a window into the logic of a market-driven society. We conclude by exploring the broader significance of these changes for understanding citizenship and labour relations.

FR : Cet article analyse une redéfinition néolibérale de la citoyenneté comme participation au marché du travail à travers le prisme du travail carcéral dans les pénitenciers fédéraux canadiens. Nous nous concentrons sur corcan, un organisme opérationnel spécial du Service correctionnel du Canada, qui emploie environ 4 000 détenus dans divers secteurs. Bien qu’ils accomplissent des tâches similaires à celles des travailleurs libres, les personnes incarcérées ne sont pas reconnues comme employés en vertu du droit canadien et sont exclues des protections liées à l’emploi.

corcan met l’accent sur l’employabilité comme critère essentiel d’évaluation de la réadaptation d’un délinquant. De fait, de nombreux détenus doivent démontrer leur conformité à un modèle précis de participation au marché du travail pour obtenir une libération conditionnelle et recouvrer leurs libertés et droits civiques. Nous soulignons les implications idéologiques et pratiques de cette transformation, suggérant que le travail carcéral sert à la fois de moyen de maintenir la discipline et de reflet de la logique d’une société axée sur le marché.

Nous concluons en explorant la portée plus large de ces changements pour la compréhension de la citoyenneté et des relations de travail. The International Coalition to End Domestic Exploitation (intercede) was a Toronto-based organization that began to mobilize in 1979 in response to the growing crisis of abuse faced by domestic workers as a result of exclusionary immigration laws and the absence of workplace rights. The organization convened its activism on three main fronts: lobbying the federal government for new immigration policies that would allow domestic workers to settle in Canada permanently; petitioning for basic protections for domestic workers to be enshrined under provincial labour laws; and undertaking public advocacy that politically linked issues of women’s rights, workers’ rights, and migrant justice through transnational analysis and coalition building.

Despite the unprecedented achievements made by intercede, it has largely been excluded from histories of workers’ struggle in Canada. This essay looks at the publication archive of Domestics’ Cross-Cultural News (dc-cn), a monthly newsletter published by intercede from 1984 to 2006 and housed within the online collection of the Rise Up! Feminist Digital Archive.

As one of only a few periodicals produced by racialized women during this period, dc-cn is not only culturally significant but also an important historiographical tool, offering insight into how work and workers’ struggles have been racialized and gendered within a multicultural and transnational framework. This essay therefore positions dc-cn as a rich artifact that allowed domestic workers to become narrators of their own historical experience. FR : La Coalition internationale pour mettre fin à l’exploitation domestique (intercede) était une organisation torontoise qui a commencé à se mobiliser en 1979 face à la crise croissante des abus subis par les travailleuses domestiques en raison de lois d’immigration discriminatoires et de l’absence de droits au travail.

L’organisation a concentré son action sur trois axes principaux : le lobbying auprès du gouvernement fédéral pour de nouvelles politiques d’immigration permettant aux travailleuses domestiques de s’établir au Canada de façon permanente; la mobilisation pour que des protections fondamentales pour les travailleuses domestiques soient inscrites dans les lois provinciales du travail; et le plaidoyer public établissant un lien politique entre les enjeux des droits des femmes, des droits des travailleurs et travailleuses et la justice pour les migrants, grâce à une analyse transnationale et à la création de coalitions. Malgré les réalisations sans précédent d’intercede, l’organisation a été largement exclue de l’histoire des luttes ouvrières au Canada. Cet essai examine les archives de Domestics’ Cross-Cultural News (dc-cn), un bulletin mensuel publié par intercede de 1984 à 2006 et conservé dans la collection en ligne des Archives numériques féministes Rise Up!

Figurant parmi les rares périodiques produits par des femmes racisées durant cette période, dc-cn revêt une importance culturelle considérable et constitue un outil historiographique précieux, offrant un éclairage sur la racialisation et le genre du travail et des luttes ouvrières dans un contexte multiculturel et transnational. Cet essai considère donc dc-cn comme un témoignage riche ayant permis aux travailleuses domestiques de devenir les narratrices de leur propre expérience

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erudit_org Published Jun 18, 2026
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